La Belgique teste des filigranes invisibles sur les emballages de snacks
Une technologie de tri doit permettre de recycler en toute sécurité les sachets de chips pour en faire des emballages alimentaires

Les Belges qui achètent des chips et des snacks ces prochaines semaines participent peut-être sans le savoir à une expérience européenne. Depuis peu, des milliers d’emballages souples, tels que les sachets de chips et les emballages de biscuits, portent un filigrane numérique invisible. Dès qu’un tel emballage est déposé dans le sac PMD et arrive dans un centre de tri, le code peut être lu et l’emballage automatiquement acheminé vers le flux approprié.
Pourquoi cette distinction est-elle importante ?
Les technologies de tri actuelles ne permettent pas de distinguer de manière fiable les emballages souples alimentaires des non alimentaires. Cela pose un problème pour un recyclage respectueux de la sécurité alimentaire : les emballages ayant été en contact avec des aliments doivent être traités séparément. Grâce aux filigranes numériques, cette distinction devient possible. Le recyclage des sachets de chips, des emballages et des films plastiques en nouveaux emballages respectant les normes de sécurité alimentaire se rapproche ainsi de la réalité.
Une première en Belgique
La Belgique est le premier pays européen à tester cette technologie à grande échelle dans le cadre de la collecte PMD. Fost Plus dirige le projet, en collaboration avec des entreprises agroalimentaires telles que Mondelēz International, Ferrero, PepsiCo et pladis. Cette technologie constitue une étape supplémentaire par rapport au tri actuel en 16 flux de matériaux, visant spécifiquement à séparer les emballages souples alimentaires et non alimentaires.
Des règles strictes en matière de sécurité alimentaire
À l’heure actuelle, en Europe, seul le PET recyclé issu notamment de bouteilles de boissons peut être réutilisé pour la fabrication d’emballages alimentaires via le recyclage mécanique. Pour les emballages souples, cela s’avérait plus difficile, précisément parce qu’il était impossible de séparer les emballages alimentaires des non alimentaires. Grâce à cette nouvelle étape de tri, l’objectif est de boucler ce cycle de recyclage également pour les feuilles, les sachets et les films.
Contexte européen et partenaires
Cet essai s’inscrit dans le cadre du consortium HolyGrail 2030 – Circular Packaging Consortium, coordonné par l’AIM et soutenu par quelque 75 organisations. En Belgique, les flux de films triés sont soumis à des tests supplémentaires dans un centre de tri allemand équipé de caméras haute résolution capables de détecter les filigranes, grâce à la technologie de Digimarc et de Pellenc ST. Cette approche doit contribuer à atteindre le nouvel objectif européen : d’ici 2030, au moins 10 % de matériaux recyclés dans certains emballages alimentaires en plastique.
« Un code QR invisible »
Selon Fost Plus, le filigrane fonctionne comme un code QR invisible contenant des informations sur le contenu antérieur. Des caméras installées sur la chaîne de tri lisent le code et acheminent l’emballage vers la fraction appropriée. Cela permet, pour la première fois, de distinguer à grande échelle les emballages alimentaires souples des emballages non alimentaires et de mettre en place de nouveaux flux de recyclage.
Prochaines étapes
Les tests de tri sont menés sur de véritables emballages de consommation, avec toutes les variations possibles en termes de plis, de dommages et de salissures. Plus tard dans l’année, des essais de recyclage débuteront afin d’obtenir des matériaux recyclés respectant les normes de sécurité alimentaire à partir des flux de films triés. En cas de succès, cette technologie pourrait renforcer la chaîne de recyclage belge et marquer une avancée décisive au niveau européen pour les emballages alimentaires circulaires.
