Plus de bio dans l'assiette des soins de santé
ZoBio 2.0 offre la possibilité de travailler avec des agriculteurs biologiques
Et si les légumes qui se retrouvent dans l'assiette des résidents ou des patients ne provenaient pas d'une chaîne anonyme, mais simplement d'un agriculteur local? Et si cet agriculteur et l'équipe de cuisine se connaissaient, voire travaillaient ensemble dans les champs? ZoBio 2.0 développe cette idée. Le projet réunit des établissements de soins et des agriculteurs biologiques locaux et les aide à établir des partenariats durables autour de produits frais et biologiques. Après une première édition réussie, un nouvel appel est lancé aux organisations de soins qui souhaitent participer.
Un projet qui continue à se développer
ZoBio 2.0 s'appuie sur le projet ZoBio original, qui s'est déroulé en 2024 et 2025. Lors de cette première édition, cinq organisations de soins et sept agriculteurs biologiques ont uni leurs forces. Le concept a manifestement fait mouche, c'est pourquoi le projet va maintenant être poursuivi. Comme lors de la première édition, il sera coordonné par BioForum, en collaboration avec Flanders' FOOD et ILVO. L'objectif reste le même: mettre davantage de produits biologiques locaux au menu des établissements de soins, en établissant un lien direct entre les agriculteurs et les cuisines des établissements de soins.
Selon Laura van Selm, directrice du BioForum, c'est exactement ce dont le secteur a besoin aujourd'hui. "ZoBio s’est révélé être un projet particulièrement inspirant, à l’origine de collaborations riches et prometteuses. Ce type d’initiative reflète pleinement l’essence de notre secteur, à la fois innovant et ancré dans les partenariats. Par ailleurs, le projet s’inscrit dans une ambition plus large portée par le gouvernement flamand: d’ici 2027, la Flandre vise à atteindre 5% d’ingrédients biologiques dans la restauration publique. Avec ZoBio, cet objectif prend concrètement forme sur le terrain."
D'ici 2027, la Flandre souhaite que 5% des ingrédients utilisés dans la restauration publique soient biologiques. ZoBio s'inscrit parfaitement dans cette ambition
Le ministre flamand de l'Agriculture, Jo Brouns, est également convaincu du potentiel de ZoBio. "Dans le cadre du Plan stratégique Bio, l’accent est clairement mis sur le renforcement de la demande en produits biologiques. Le projet ZoBio s’inscrit pleinement dans cette dynamique en favorisant la collaboration entre les cuisines des établissements de soins et les agriculteurs bio locaux. Il vise à lever les freins liés aux volumes, au stockage, à la transformation ainsi qu’à la régularité de l’approvisionnement. Afin de prolonger cette initiative prometteuse et d’encourager de nouveaux partenariats, une subvention de 120.600 euros est accordée pour poursuivre le projet. Cette démarche permettra de développer de nouvelles collaborations entre le secteur des soins de santé et les producteurs biologiques locaux, tout en établissant des relations durables. Chacun en tire profit: les agriculteurs locaux accèdent à un débouché stable, tandis que les établissements de soins bénéficient de produits frais, locaux et porteurs de sens."
ZoBio en pratique
ZoBio ne se limite pas aux intentions: le projet crée de véritables liens entre les cuisines des établissements de soins et les agriculteurs biologiques. Les participants apprennent à se connaître, découvrent leurs environnements de travail respectifs et co-construisent des solutions concrètes en matière de livraison, de volumes et de transformation. Cette collaboration s’avère souvent encore plus fructueuse qu’anticipé.
Au sein de l'organisation de soins Curando, par exemple, ZoBio a donné une forte impulsion à une ambition existante: travailler avec un agriculteur local. Iris Lootens, experte en restauration, se souvient de la rapidité avec laquelle l'idée s'est concrétisée. "En participant à ZoBio, nous avons remarqué que notre projet de collaboration avec un agriculteur local a soudainement pris de l'ampleur. Grâce à l'accompagnement, le projet est resté vivant et les points d'action ont été réellement suivis."
En outre, certains obstacles se sont avérés moins importants que prévu. "Ce qui ne semblait pas évident au départ, comme trouver des terres supplémentaires, a fini par aboutir, grâce à un large soutien au sein de notre organisation et à l'appui de la direction." Le projet a même donné lieu à un résultat inattendu. "Notre agriculteur est également devenu notre collègue. Il a décidé de rejoindre Curando en tant que salarié, ce qui lui permet de continuer à utiliser son expertise sans risque financier."
L'échange avec les autres participants a également été très précieux, selon Mme Lootens. "L’événement collectif, réunissant d’autres organisations de soins de santé et des agriculteurs, s’est révélé particulièrement inspirant. La valeur ajoutée se fait immédiatement sentir, tant pour les résidents que pour les équipes en cuisine. La différence de qualité est réellement perceptible."
Nouvelle dynamique entre l'agriculteur et la cuisine
ZoBio s’implante également dans les hôpitaux. À l’AZ Zeno, l’initiative s’intègre pleinement dans une vision où l’alimentation est considérée comme une composante essentielle des soins. "Dans notre hôpital, la nutrition fait partie intégrante de la thérapie: elle va bien au-delà du simple repas. Elle constitue un pilier de la prise en charge des patients, et les ingrédients biologiques sont depuis longtemps ancrés dans nos pratiques quotidiennes. Grâce à ZoBio, nous avons pu renforcer davantage cette conviction", explique Pieter De Smet, responsable de la restauration.
Le projet a également donné un sens supplémentaire à leur démarche. Lorsque l'agriculteur Lieven a été élu "Meilleur agriculteur biologique d'Europe" et que ZoBio et notre collaboration ont joué un rôle central, nous avons compris que nous ne faisions pas seulement quelque chose. La pertinence sociale de ce type de collaboration est plus grande que nous ne l'aurions jamais imaginé.
Le projet des agriculteurs-cuisiniers est passé du stade de l'expérience à celui d'une collaboration durable avec les agriculteurs biologiques locaux. "Cela garantit la transparence, la compréhension mutuelle et un lien clair entre l'agriculture locale et la santé de nos patients, de notre personnel et de nos visiteurs. L'effet ne se limite donc pas à l'affichage. La véritable valeur ajoutée réside dans le fait que notre mission n'existe pas seulement dans les mots, mais qu'elle devient visible et 'goûteuse' dans l'assiette.
Apprendre sur le terrain
Pour de nombreux directeurs de cuisine, la plus grande découverte est peut-être le contact personnel avec l'agriculteur. Carl Moens, responsable de la production alimentaire chez Maria Middelares, le remarque également. "Le lien entre l'agriculteur et le cuisinier est ce que j'aime le plus dans ce projet. Voir sur le terrain ce qui pousse, goûter ce qui est disponible: cela change vraiment la façon de voir les ingrédients. Le projet ouvre également la porte à de nouveaux goûts et produits. "On apprend à connaître des légumes et des variétés moins courants et on découvre des herbes inconnues. Le goût des légumes biologiques frais est tout simplement différent."
Bien entendu, une telle collaboration exige une certaine flexibilité. Mais selon M. Moens, cela ne doit pas être un obstacle. "Ne vous laissez pas décourager. Dialoguez avec l'agriculteur, visitez le champ et concluez de bons accords en matière de livraison. Commencez à petite échelle et développez progressivement."
ZoBio 2.0 vise à lancer au moins cinq nouvelles collaborations dans les années à venir. Mais le projet vise surtout à inspirer l'ensemble du secteur
De nouveaux participants sont d'ores et déjà prévus
Le succès de la première édition a également permis à de nouvelles organisations de s'inscrire. "AZ Turnhout et le centre de soins Heilig Hart à Grimbergen, entre autres, ont déjà indiqué qu'ils souhaitaient participer à ZoBio 2.0. Ce mélange d'hôpitaux et de centres de soins est intéressant car chaque contexte offre des opportunités et des défis différents."
"À Grimbergen, par exemple, il y a une ferme biologique avec un verger à proximité, qui collabore également avec une entreprise de transformation de légumes sur mesure. Cela peut être une solution à l'un des problèmes classiques des cuisines de masse: la découpe et la transformation des produits frais", explique Marijke Van Ranst, conseillère en restauration au BioForum.
ZoBio 2.0 vise à lancer au moins cinq nouvelles collaborations dans les années à venir. Mais le projet est surtout destiné à inspirer l'ensemble du secteur. Pour les établissements de soins de santé qui hésitent encore, les participants de la première édition ont un message clair. "Si ZoBio vous inspire, inscrivez-vous. Le projet peut être aussi petit ou aussi grand que vous le souhaitez", déclare Mme Lootens.
M. De Smet insiste également sur le fait qu'il ne doit pas s'agir d'un fardeau supplémentaire. "Ne le considérez pas comme une tâche de plus, mais bien comme une occasion de renforcer votre vision de la santé et de la durabilité. L'impact est souvent plus important que ce que l'on imagine au départ."
Plus d'informations: https://www.bioforum.be/zobio